Installer Windows 11 dans une VM Proxmox : TPM, clone et bureau à distance
Avertissement : ce guide s’adresse à des personnes à l’aise avec Proxmox VE et avec l’administration de Windows. Chaque machine virtuelle Windows a besoin de sa propre licence, clone ou non. Les réglages décrits ont été relevés en atelier et sont à adapter à chaque serveur.
Ce guide fait partie du dossier Mettre à jour Proxmox VE 7 vers 9. Il ne demande pas la dernière version : un Proxmox VE 7 à jour sait déjà fournir un TPM virtuel.
Le besoin de départ est simple. Dans une petite entreprise, deux personnes doivent travailler chacune sur un poste Windows 11, y compris à distance, et le tout doit tenir sur un seul serveur Proxmox. Cela donne quatre chantiers : créer une première machine virtuelle qui passe les contrôles de Windows 11, la dupliquer, vérifier que la mémoire suit, puis ouvrir le bureau à distance.
Sommaire
- Créer la VM avec un TPM virtuel
- Passer l’écran réseau de l’installation
- Cloner la VM pour un deuxième utilisateur
- Combien de mémoire prévoir
- Activer le bureau à distance
- Se connecter depuis un poste Linux
- Et la suite bureautique ?
1. Créer la VM avec un TPM virtuel
Le blocage le plus fréquent arrive dès le début de l’installation : « This PC can’t run Windows 11 ». Le plus souvent, il manque un TPM à la machine virtuelle. Windows 11 exige un TPM 2.0, un démarrage UEFI, au moins 4 Go de mémoire, 2 cœurs et 64 Go de disque.
Les réglages qui comptent à la création de la VM :
- Machine : q35 ;
- BIOS : OVMF (UEFI), avec un disque EFI ;
- TPM : ajouter un TPM State, version v2.0, sur le stockage local ;
- Processeur : type host, 2 cœurs au minimum ;
- Mémoire : 4 Go au minimum ;
- Disque : 64 Go au minimum.
Si la VM existe déjà sans TPM, il s’ajoute après coup.
Où : interface web, VM arrêtée, onglet Hardware. Cliquer sur Add, puis TPM State, choisir le stockage et la version v2.0.
Le TPM virtuel repose sur deux paquets du serveur, normalement installés d’office. Un contrôle rapide ne coûte rien.
Où : Shell du serveur Proxmox.
dpkg -l swtpm swtpm-tools
Au premier démarrage sur l’image d’installation, il faut appuyer sur une touche dès l’apparition de « Press any key to boot from CD or DVD ». En cas d’oubli, la VM tombe dans le shell UEFI : taper exit, puis choisir Reset.
Il existe aussi un contournement très répandu, qui désactive les contrôles de l’installateur par des valeurs ajoutées dans le registre (clé LabConfig). Avec un TPM virtuel correctement déclaré, ce contournement est inutile, et la machine reste dans la configuration prévue par Microsoft. C’est la voie à privilégier.
2. Passer l’écran réseau de l’installation
Deuxième arrêt classique : l’écran « Let’s connect you to a network » ne propose aucun réseau. La carte réseau de type VirtIO, la plus performante, n’est pas reconnue par Windows tant que son pilote n’est pas installé.
Deux réponses possibles, qui peuvent se combiner.
Continuer sans réseau. Sur cet écran, appuyer sur Maj + F10 pour ouvrir une invite de commandes.
Où : invite de commandes de l’installateur Windows.
OOBE\BYPASSNRO
La VM redémarre et un lien « I don’t have internet » apparaît. Sur les versions récentes de Windows 11, cette commande peut être refusée. La variante suivante ouvre directement la création d’un compte local :
start ms-cxh:localonly
Ces deux commandes ne sont pas garanties par Microsoft dans la durée, leur comportement peut changer d’une version à l’autre.
Changer de modèle de carte. C’est le réglage durable le plus simple.
Où : interface web, VM arrêtée, onglet Hardware. Sélectionner Network Device, cliquer sur Edit et choisir le modèle Intel E1000.
Windows reconnaît cette carte sans pilote. Le modèle VirtIO, que la documentation Proxmox recommande pour ses performances, pourra revenir plus tard, une fois les pilotes virtio-win installés dans Windows.
3. Cloner la VM pour un deuxième utilisateur
Une fois le premier Windows installé et réglé, inutile de tout recommencer pour le second poste.
Où : interface web. Arrêter la VM, clic droit dessus, Clone. Choisir Full Clone, le stockage, un nouvel identifiant et un nom explicite.
Seul le clone est démarré pour la suite. La VM d’origine reste éteinte tant que le clone porte le même nom qu’elle.
La méthode propre : Sysprep
Sysprep est l’outil de Microsoft qui remet Windows dans l’état d’une machine neuve, avec une nouvelle identité.
Où : Terminal Windows en administrateur, dans le clone.
C:\Windows\System32\Sysprep\Sysprep.exe /generalize /oobe /shutdown
En cas d’échec, la raison se lit dans le fichier C:\Windows\System32\Sysprep\Panther\setuperr.log. La cause la plus courante est une application du Store installée pour un seul compte.
La méthode rapide : renommer
Dans la pratique, pour deux postes en groupe de travail, il est possible de se contenter de renommer l’ordinateur et le compte. L’identifiant interne de Windows (SID) reste alors identique sur les deux machines, ce qui ne pose pas de problème au quotidien dans ce contexte. Dans un domaine Active Directory, cette méthode est à proscrire : Sysprep s’impose.
Ce qu’il faut corriger après un clone
- Le nom de l’ordinateur. Il est identique à l’original. Il se change avec
sysdm.cpl, bouton Change : 15 caractères au maximum, sans espace ni point. Attention à ne pas le confondre avec le champ « description », qui n’est qu’un commentaire. - Le mot de passe. Le clone hérite de celui du premier compte. Chaque utilisateur doit avoir le sien, choisi par lui.
- Les données. Le profil et les fichiers du premier utilisateur ont été copiés avec le reste. Ils se nettoient avant de livrer le poste.
- L’adresse matérielle de la carte réseau. Rien à faire : Proxmox en génère une nouvelle pour le clone.
- La licence. Un clone n’est pas une licence. Chaque VM Windows a besoin de la sienne.
Pour changer le mot de passe sans qu’il s’affiche ni reste dans l’historique :
Où : Terminal Windows en administrateur.
net user NomDuCompte *
Renommer un compte local sans casser le profil
Où : Terminal Windows en administrateur, dans PowerShell (taper powershell si la fenêtre ouverte est l’invite de commandes).
Rename-LocalUser -Name "Ancien" -NewName "Nouveau"
Set-LocalUser -Name "Nouveau" -FullName "Nouveau"
Add-LocalGroupMember -Group "Remote Desktop Users" -Member "Nouveau"
Un redémarrage termine l’opération. Le dossier C:\Users\Ancien garde son ancien nom. C’est sans conséquence au quotidien, et le renommer à la main est risqué : mieux vaut le laisser.
Sur un Windows installé en français, le groupe de la troisième commande s’appelle « Utilisateurs du Bureau à distance ».
4. Combien de mémoire prévoir
Un relevé réel donne un ordre de grandeur. Sur un serveur de 32 Go, dont 31 environ sont utilisables, deux VM Windows 11 réglées à 8 Go et allumées en même temps occupaient environ 18 Go, soit 58 %. Le swap restait à zéro et le processeur presque au repos.
Le calcul change vite avec une troisième VM. Trois fois 8 Go, cela fait 24 Go réservés, et il ne reste que 7 Go pour le serveur lui-même. La prudence conseille alors de descendre chaque Windows 11 à 4 ou 6 Go.
Le vrai test se fait en conditions réelles : tout allumer, ouvrir les applications habituelles et regarder l’onglet Summary du nœud. Un swap qui décolle de zéro ou une mémoire au-dessus de 90 % indiquent qu’il faut réduire.
Sur un serveur en ZFS, une partie de la mémoire affichée comme utilisée sert de cache disque (ARC). Ce cache se libère quand les VM en ont besoin.
Où : Shell du serveur Proxmox. Les valeurs sont en octets.
grep -E "^(size|c_max) " /proc/spl/kstat/zfs/arcstats
Un point de licence pèse sur ce dimensionnement : Windows 11 n’accepte qu’une session de bureau à distance à la fois. Deux personnes qui travaillent en même temps, ce sont deux VM, ou un Windows Server avec les licences adaptées. Les outils qui font sauter cette limite enfreignent la licence et ne sont pas une option.
5. Activer le bureau à distance
Quatre conditions d’abord :
- une édition Pro de Windows 11. L’édition Famille ne peut pas recevoir de connexion. La commande
winveraffiche l’édition ; - un compte protégé par un mot de passe ;
- une VM reliée au réseau ;
- pas de mise en veille, sinon la VM ne répond plus après quelques minutes.
Où : Terminal Windows en administrateur.
powercfg /change standby-timeout-ac 0
powercfg /change hibernate-timeout-ac 0
L’activation se fait par les menus (Settings, System, Remote Desktop, interrupteur sur On) ou en deux commandes.
Où : Terminal Windows en administrateur (PowerShell).
Set-ItemProperty -Path 'HKLM:\System\CurrentControlSet\Control\Terminal Server' -Name fDenyTSConnections -Value 0
Enable-NetFirewallRule -DisplayGroup "Remote Desktop"
Sur un Windows en français, le groupe de règles du pare-feu s’appelle « Bureau à distance ».
Chaque VM doit enfin garder la même adresse. Le plus simple est une réservation DHCP sur le routeur.
6. Se connecter depuis un poste Linux
Où : terminal du poste Linux.
sudo apt install freerdp2-x11
nc -zv 192.168.X.Y 3389
xfreerdp /v:192.168.X.Y /u:NomUtilisateur /cert:ignore /dynamic-resolution +clipboard /size:1600x900
La deuxième commande vérifie que le port du bureau à distance répond avant d’aller plus loin. Selon la distribution, le paquet s’appelle freerdp3-x11 et la commande devient xfreerdp3.
Le mot de passe n’est volontairement pas dans la commande. Il est demandé dans le terminal, ce qui évite de le laisser dans l’historique.
L’option /cert:ignore accepte le certificat auto-signé de Windows sans le vérifier. C’est admissible sur un réseau local dont on a la maîtrise, pas ailleurs.
Hors du réseau local
Le port 3389 ne s’ouvre jamais sur Internet. Il est balayé en permanence par des robots et reste l’une des portes d’entrée habituelles des rançongiciels. L’accès depuis l’extérieur passe par un réseau privé virtuel.
Une façon de faire est décrite dans Accéder à Proxmox à distance avec Tailscale.
7. Et la suite bureautique ?
Reste souvent une question en suspens : la suite bureautique, quand les licences ne sont pas encore décidées. En attendant, ONLYOFFICE Desktop Editors est une solution gratuite, publiée sous licence libre AGPL. Les conditions exactes sont à relire sur le site de l’éditeur avant de l’installer dans un cadre professionnel.
Deux réserves à annoncer aux utilisateurs : les mises en page complexes et les macros VBA peuvent se comporter autrement, et la suite ne contient pas de logiciel de messagerie. Thunderbird fait un bon complément.
Quant à réutiliser une ancienne licence, deux points à vérifier auprès de Microsoft : Office 2016 n’est plus maintenu depuis octobre 2025, et une clé vendue au détail est limitée en nombre d’appareils. Un clone dans une VM compte comme un appareil de plus.
Conclusion
Windows 11 fonctionne sans bricolage dans une machine virtuelle Proxmox, à condition de lui donner dès le départ ce qu’il réclame : UEFI et TPM virtuel. Le clonage fait gagner du temps, mais il copie tout, y compris ce qu’on ne voulait pas dupliquer. Et le bureau à distance reste un service à garder derrière un réseau privé.
Avertissement de responsabilité : ce guide décrit des réglages relevés sur un serveur précis. Les questions de licences relèvent de l’éditeur et de son contrat, qui seuls font foi. Toute manipulation se fait sous la seule responsabilité de la personne qui l’exécute.
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- Mettre à jour Proxmox VE 7 vers 9 : la marche complète pour remettre un ancien serveur à niveau.
À propos de cet article. Informations vérifiées au 6 octobre 2026. Sources : documentation officielle Proxmox (bonnes pratiques pour Windows 11), documentation Microsoft (configuration requise de Windows 11, Sysprep, bureau à distance). Les commandes de contournement de l’installateur ne font pas partie de la documentation officielle de Microsoft.